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![]() Michel Bouts, né en 1902, s'est intéressé à la vielle à roue quelques années après son arrivée dans le pays de Rennes, vers l'année 1951. Il habitait alors à Bazouges-la-Pérouse, une localité située non loin de la petite ville de Combourg, en Ille-et-Vilaine entre Rennes et St Malo, où il dirigeait un internat familial pour garçons Cette commune, très rurale, sans moyens de communications proches avec la ville, à cette époque, se trouvait être un véritable réservoir de traditions locales. |
Au début du siècle, les
habitants étaient originaires de ce lieu depuis plusieurs générations. Vincent
Bouts, son neveu vint dans son école comme éducateur et se passionna pour cette
cause. Il voulut réveiller tout ce passé et rechercha, à l'aide des anciens
les habits de fête avec lesquels les garçons et les filles avaient dansé autrefois
(en particulier les coiffes des femmes : les "catioles".) Il a également retrouvé
les airs accompagnant les danses. Mais il fallait surtout des instruments de
musique pour faire danser les gens, et donc des sonneurs de vielle. Michel Bouts
séduit par les histoires du passé, fit des recherches pour retrouver des luthiers
et des sonneurs, surtout dans le Puy-de-Dôme. C'est là qu'il fit la connaissance
- en Auvergne - de Gaston RIVIERE, lequel lui fournit un instrument et lui apprit
les rudiments de la vielle à roue.
Vers les années 1951 (ou
1952) Vincent Bouts ayant appris l'ébénisterie, notamment la mise en forme du
bois, les procédés de collage, le vernis au tampon et la marqueterie - travaux
de finition très délicats - fut en mesure de restaurer des vielles anciennes,
abîmées. Il en restaura pour de nombreux amis, et il fabriqua pour son oncle
une très jolie vielle plate dont Michel Bouts aimait beaucoup se servir car
elle avait une puissante sonorité (ce qui était un avantage pour sonner de la
vielle en plein air). Ils ne tardèrent pas à faire la connaissance
de Simone Morand, et c'est avec elle que Michel Bouts se perfectionna jusqu'à
devenir "maître sonneur". Il existe trois stades qui correspondent à la bonne
connaissance de l'instrument :
Pour être un bon sonneur,
il faut déjà savoir accorder sa vielle correctement et pouvoir jouer les airs
les plus connus en sachant les rythmer avec le coup de poignet le plus simple
(deux temps). Pour être un bon maître-sonneur, il faut non seulement savoir
très bien accorder sa vielle en un temps record (une demi-heure ou un peu moins)
mais également pouvoir déchiffrer et connaître par cœur environ une cinquantaine
de danses ou de marches rythmées avec coups de poignet.
À cette époque il avait réussi à se procurer quatre instruments de tailles et de formes différentes :
Le groupe folklorique de Bazouges s'appelait Les Calins
Fumeux en référence au nom donné autrefois aux sabotiers
et charbonniers installés pour leur travail en forêt de Villecartier.
Défiler en jouant n'est pas chose facile et pour que la vielle se fasse
bien entendre en plein air, il vaut mieux être à plusieurs sonneurs.
Michel Bouts a défilé accompagné de sa fille, de six autres
sonneurs de vielle et du cercle celtique de Bazouges-la-Pérouse (toujours
très applaudi) lors des fêtes de Cornouailles à Quimper
en 1954. La notoriété du groupe a eu pour conséquence la
participation à de nombreuses fêtes, déplacements, festivals,
voyages en Bretagne, hors de Bretagne ou à l'étranger (festival
de Llangollen, Pays de Galles).
Parallèlement Michel
Bouts enseignait également la pratique de la vielle à roue. Parmi
ses élèves il y a eu notamment Madeleine Briand, Annette Vallet,
Vincent (son neveu) bien sûr et Marcel Berthé.
Il est mort en 1993 ayant
vendu ou même donné ses instruments depuis plusieurs années. Mais à Bazouges
et dans le pays de Rennes il y en a bien qui se souviennent du temps où on y
sonnait de la vielle.
Louis Bouts (fils de Michel Bouts)
loubouts@club-internet.fr
Site ouaibe : http://www.louisbouts.com
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