ésumer
l'Histoire de la vielle en quelques lignes est quasiment impossible, tant son
évolution, sur le plan de la lutherie comme sur le plan social, a été
grande. Néanmoins, voici quelques points importants qui ont marqué
la vie de cet instrument.
Si le principe de cordes frottées nous vient de l'Orient, la vielle à
roue (premier instrument à cordes sur lequel un clavier est appliqué)
est très vraisemblablement d'origine européenne, même si
certains la voient arriver sur notre vieux continent avec les invasions Mauresques.
On en trouve les premières traces (sous sa forme ancestrale) vers 1100
dans un texte rédigé dans une abbaye bénédictine
en Bavière, et sur les frontons de cathédrales espagnoles (Saint
Jacques de Compostelle notamment).
|
L'Organistrum, ancêtre de la vielle, était un instrument joué par deux personnes : l'un tournait la roue, l'autre poussait ou tirait les touches. Utilisé essentiellement dans l'interprétation de musiques sacrées (en accompagnement de chants liturgiques), on trouve de représentations de cet instrument datant du XIIe siècle, en Espagne et dans le Nord de l'Europe. Si le principe de fonctionnement est à peu près resté le même depuis son origine, la vielle a subi quelques modifications avec le temps. |
|
Fêtes des Apôtres - IXe siècle. (RealAudio - 122 Ko ; 0'46'') |
|
|
|
Consulter le dossier sur la chifonie, par Paul Fustier.
|
Pièces des XIVe et XVe siècle. (RealAudio - 182 Ko ; 1'08'') |
u XIVe siècle le chien fait son apparition, et est utilisé uniquement pour les danses dans les campagnes. Le nombre de cordes augmente également pour passer à cinq voir six (deux cordes mélodiques, une corde rythmique, deux à trois bourdons) ; quant à la tessiture, elle évolue petit à petit d'un octave diatonique vers deux chromatiques complets. Ainsi ce siècle a été une véritable période charnière pour la chiffonie. On la trouve aussi bien dans les églises, à la cour des Rois que chez les bandits, et jusqu'au XIXe elle subira une oscillation entre ces milieux. En ce qui concerne sa forme, elle passe du rectangulaire à l'ovale trilobée (fin XVe), forme que l'on retrouve dans les représentations de vielleux du peintre français De La Tour.
Consulter le dossier sur De La Tour.
|
Musette de Sainte Colombe, pièce fin XVIIe siècle à l'origine pour viole de gambe et popularisée par le film "Tous les matins du Monde". (RealAudio - 459 Ko ; 2'53'') |
es accords ne seront codifiés qu'au XVIIIe siècle. C'est d'ailleurs à partir de cette époque que l'on peut véritablement parler de vielle à, roue. Les premières méthodes apparaissent, ainsi que la notion de "coups de poignets". L'instrument - au corps de guitare - entre partout, il devient à la mode et avec l'époque baroque apparaît tout un raffinement quant à sa décoration : les chevillers se trouvent ornés de magnifiques têtes sculptées (inspirées des manches de violes), les plumiers et tables d'harmonies sont recouverts de marqueteries, etc. De nombreuses sonates pour vielles, violons et basses sont composées par Chedeville, Corette... on cite même les noms de Mozart et de Vivaldi. La noblesse - dont la qualité du jeu importait moins que l'effet de mode - s'approprie véritablement la vielle à roue, laquelle avait été maintenue jusque là par une classe sociale largement méprisée par ces derniers.
Si nous devons à un luthier de Versailles, dénommé Bâton l'Ancien, les vielles à corps de guitare (vers 1716), nous lui devons également les vielles à corps de luth (1720). Mais les progrès faits en lutherie pour le violon réduiront ce succès. La Révolution française achèvera ce travail par la destruction de nombreuses vielles considérées comme instruments bourgeois et nobles. Là aussi de nombreuses têtes tomberont !
|
- Adaptation pour vielle ou musette soliste de l'allegro du printemps de Vivaldi par Nicolas Chedeville (âge d'or baroque). (RealAudio - 293 Ko ; 1'50'') |
e
XIXe siècle verra cependant sa renaissance progressive dans les
campagnes. De nombreux luthiers parisiens ont fuit la capitale lors de la Terreur
pour se réfugier en Berry et en Bourbonnais ; ce sera l'âge d'or
de la vielle à roue en France et ce jusqu'au début du XXe siècle.
Malheureusement la vielle se retrouvera une nouvelle fois détrônée,
cette fois-ci par l'accordéon diatonique qui apparaît mieux adapté
pour les airs en vogue. Les Révolutions ne réussissent décidément
pas à la vielle à roue, l'Industrielle lui est fatale à
moyen terme.
|
Suite de la valse N°2 de Chostakowitch et de la valse reine de musette. (RealAudio - 282 Ko ; 1'46'') |
A partir des années 1970, la vielle renaît doucement,
notamment auprès des jeunes. Des musiciens comme le franco-suisse René
Zosso, mais aussi des luthiers, vont faire revivre l'instrument en lui apportant
un regard nouveau. La notion d'idée culturelle favorise très nettement
cet renaissance.
ujourd'hui, la vielle est présente dans de nombreux groupes folkloriques, groupes de musique ancienne et traditionnelle, mais également dans des formations contemporaines.
On constate un certain regain croissant de la part des jeunes pour cet instrument.
De plus, la Lutherie - tout en gardant le côté traditionnel de l'instrument - commence à y intégrer de plus en plus des techniques nouvelles. Un des plus grands luthiers en matière de vielle, Jean-Luc Bleton, dit d'ailleurs :
|
"On peut faire un instrument électrique et passer ensuite par des amplis ou une sono, mettre toutes les boîtes possibles et imaginables, faire un clavier MIDI, attaquer un échantillonneur, un synthé, ce que l'on veut. Techniquement tout est possible, et cela fonctionne bien. L'instrument peut rentrer dans ce troisième millénaire sans problème ! " |
|
Extrait 2 de Tapage - Composition et arrangements : Stéphane DURAND. (Mp3 - 608 Ko ; 1'17'') |

Page de Présentation -
Haut de la page -