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par Jean Baudoin, St Jean de Marsacq, Landes (FRANCE)
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Bref historique :

Comme il a été écrit par un témoin, le vicomte de Métivier (en 1839), la vielle dans les Landes était présente au début du XIXe siècle (ce qui n’explique ni par qui, ni pourquoi on en jouait, ni même si elle était très répandue). Par contre, il est certain, pour avoir rencontré des témoins, que la vielle, au début de ce siècle, était très pratiquée. Chaque village de la " petite lande " avait, à cette époque, un ou deux vielleux (sans compter les autres musiciens pratiquant : violon, accordéon diatonique, flûte à trois trous, boha - la cornemuse des Landes - …) et même si Monsieur Félix ARNAUDIN (collecteur 1844 - 1921) la jugeait sévèrement en écrivant : " ça et là, accidentellement, geignait aussi la vielle " ou recueillant des témoignages disant " la vielle n’est pas bonne pour la danse, elle traîne, elle n’indique pas le pas ", elle fut à la mode.

Il faut signaler quand même que, avec l’accordéon diatonique, ce sont les seuls instruments arrivés jusqu’à nous, pouvant nous donner une idée de la musique instrumentale de notre région.

Elle se nomme vièla, viola ou sonsaina.

Pour ma part, j’ai eu l’opportunité de jouer dans les années 1980 avec Alexis CAPES (vielleux landais né en 1910) à l’occasion de " bals folks " mais, malheureusement, à cette époque, trop jeune musicien, sans le recul que je peux avoir maintenant, je n’ai pas su m’imprégner du jeu extrêmement subtil de celui-ci (tout en étant quand même admiratif et impressionné par le musicien … et le personnage).

D’autre nom de vielleux landais pratiquants au début du siècle : Pierre SAINT-LOUBER (1870-1960), Jean NADAU (1909), Lucien MARTIN (1904), René CABANAC (1864), Julien DEJEAN (1904), Mivielle (1879)…

Technique particulière des vielleux landais :

L’Aquitaine est vaste et je n’ai pas exploré suffisamment les styles des autres régions pour pouvoir faire une analyse comparative vraiment sérieuse. Je me contenterai de parler de mon coin, dit de la " petite lande " sur lequel se concentrait l’essentiel des " vièlaires ". Le disque " Vièlaires de las Lanas " est, à ce sujet, un document précieux pour qui veut avoir une idée du style de cette région.

Analyse rapide :

La main gauche, assure la mélodie avec de temps en temps quelques variations de thème (sans avoir poussé la technique à un degré d’improvisation ou d’ornementation comme on peut le rencontrer dans d’autres régions), ou des " relances " qui aident à la danse.

La main droite reste " minimaliste " : une cigale (la rythmique) régulière et un découpage simple avec, de temps en temps, surtout dans les rondeaux, des " coups de relance ". Une particularité toutefois mais qui n’est pas des moindres, dans les mazurkas et les scottishes : un tour de roue pour un temps, cela donne un " swing " assez particulier.

Le "style landais" peut être qualifié, à mon avis, de EFFICACE. Bien qu ‘en apparence sans grande originalité, il cherche à aider le danseur, c’est à ce titre que je le qualifie d’efficace.

Facteur de vielles dans les Landes :

Il n’y a, à ma connaissance, pas de facteur de vielle dans les Landes. D’après les enquêtes les musiciens les achetaient dans l’Allier (Maison Pimpard) ou en moins grand nombre des Vosges (Mirecourt). Les Landais ont privilégié les " vielles guitares " à fond plat ; certains se les fabriquaient...

À l’occasion de l’année du patrimoine, dans les années 1980, le département des Landes, sous l’émulsion du conservatoire occitan de Toulouse, a acheté cinq vielles. Par un hasard qu’il serait trop long à raconter, je me suis trouvé, par l’intermédiaire de l’association " Menestrers Gascons ", gestionnaire de cet instrumentarium. Cela m’a permis de proposer, dans le cadre associatif, des cours de vielle et de faire mes premières armes dans la pédagogie. Quelques élèves, à cette époque, ont passé le cap de l’achat de l’instrument.

Actualité :

L’école de musique de Pau a ouvert en 1989 une classe de musique traditionnelle où j ‘enseigne la vielle, en plus de la boha (cornemuse des Landes), la caremèra (clarinette rustique), la flûte à trois trous avec tambourin à cordes.

Sur les Landes, ce n’est que plus récemment, en 1996, que l’école départementale a ouvert une classe de musique traditionnelle. J’ai également ouvert des cours sur la vielle de Tarbes sous l’égide de la municipalité avec trois élèves en vielle.

J’ai ainsi créé plusieurs pôles qui ont des fonctionnements complètement différents, mais qui me permettent de croire sincèrement en l’avenir de cet instrument (et des autres) dans tout ce secteur.

Il y a beaucoup de groupes dans notre région qui se sont constitués plus ou moins récemment. Certains utilisent les instruments traditionnels, quelques-uns de mes élèves ont également formé leur propre formation, mais à mon avis les deux groupes phares sont " Ténarèze " (ex Perlinpinpin) et " Verd e Blu ", mais pour le sujet qui nous concerne, aucun des deux n’utilisent pas ou plus la vielle.

Actuellement, un nouveau groupe de jeunes dans lequel joue un vielleux (Romain Baudoin – 22 ans) commence à se produire sérieusement et anime des bals dans notre région.

Jean Baudoin





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Copyright septembre 1998 - Jean Baudoin - St Jean de Marsacq, Landes (FRANCE)