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par Christian Citel (groupe Vertica), Lucenay l'Évêque (71 - FRANCE)

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Le contexte historique général (1/3)

La vielle, quoique considérée ici comme ailleurs comme "typiquement" morvandelle (une profonde erreur) car tellement répandue, imbriquée et symbolique de la civilisation du terroir morvandeau ne peut en réalité être séparée du contexte général de l'instrument qui prend vie au XIXe siècle.



Le XIXe siècle sera donc, en Morvan comme ailleurs, le siècle de la régionalisation. À partir de 1850, on va ainsi remplacer l'antique costume des paysans qui n'avait guère changé depuis l'époque gallo-romaine par des atours plus seyants, privilégiant chaque fois que c'est possible le détail local qui deviendra la règle.

La danse n'échappe pas à cette régionalisation. Avec toutefois une volonté de particularisme moins établie que l'on pourrait croire si l'on en croit le récit d'un voyageur qui traversa le Morvan en 1840 qui note qu'on danse au bal la bourrée bourbonnaise et le rigaudon bressan. On remarquera que quoique la danse ne soit pas du terroir, elle a un terroir et on le mentionne. La vielle va connaître une mode décuplée chez les ménétriers de village, remplaçant de plus en plus dans leurs mains la cornemuse. La vielle entrera dans ce contexte mais n'y sera pas toujours accueillie chaleureusement :

L'auteur s'adresse ici à un "flûteux", un joueur de musette en Morvan :

"Ta gaieté, tes chansons, tes gros éclats de rire, ton jovial entretien, tes complaisances auprès des dames, tout cela était si bien placé dans une noce, que les gens du pays, s'ils n'avaient pas été ingrats, n'auraient jamais du t'abandonner. N'es-tu pas du reste l'enfant du pays ? Et faire venir des étrangers avec leurs vielles enrhumées ! Toi qui étais comme ta musette de tous les accords."

in "statistique de la commune de Fretoy, Note 23 ", Jean Simon 1883


Au sujet de ce siècle, il est intéressant de différencier Paris de la province. Non pas que le sujet y soit traité de façon foncièrement différente mais on a la sensation qu'il s'agit alors de deux mondes voisins qui pratiquent des "échanges". Évidemment, beaucoup de Morvandeaux ont émigré à Paris, c'est ici comme en Auvergne une particularité régionale bien établie





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Copyright novembre 1999 - Christian Citel, Lucenay l'Evêque (71-FRANCE) - Reproduction interdite