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Petite biographie.

  Constituer une biographie de ce grand peintre n'est pas chose aisée tant les documents relatifs à sa vie sont rares. Seule une succession de repères permet d'en retracer les principales étapes.

  Fils de boulanger, Georges Dumesnil de la Tour est né le 14 mars 1593 à Vic-sur-Seille (en Lorraine). On le suppose en Italie de 1610 à 1616 où il aurait été élève de Guido Reni, mais cette hypothèse est malheureusement très controversée par les historiens d'art. Le 2 juillet 1617, il se marie à Diane le Nerf et quitte par la même occasion Vic-sur-Seille pour s'installer à Lunéville, cité d'où est originaire son épouse. Nommé "peintre de la ville" en 1620, il y connaîtra une ascension sociale assez rapide et reçoit même bon nombre de commandes grâce à ses œuvres qui sont très appréciées à l'époque. Louis XIII - qui admirait son travail (notamment le "Saint-Sébastien pleuré par Sainte-Irène") - lui aurait donné le titre de "peintre ordinaire du Roi" en 1639, mais cette autre hypothèse est également très critiquée. Georges de la Tour est aussi connu dans toute la ville pour son antipathie, sa violence, son avarice ... qui font de lui un homme vraiment invivable. Selon les spécialistes, il s'agit d'un autre point commun avec Caravage, peintre dont le style des œuvres de Georges de la Tour est très proche. Il décédera en janvier 1652, et tombera dans l'oubli quasi général pendant près de trois siècles. Ses tableaux - que l'on attribuera par la suite à différents auteurs - ne sortiront de cette phase qu'au début du XXe siècle.


Les vielleux et ...

  De la Tour est connu des joueurs de vielle pour son tableau représentant un mendiant jouant avec une chiffonie de forme ovale trilobée. Il existe en réalité trois tableaux en rapport avec la vielle, tous attribué à ce peintre. Les voici, classé par ordre chronologique :

tableau 1
Le vielleur au chien
186x120 cm - huile / toile

Musée municipal
Rue du Mont de Piété
59380 Bergues
Tel : 03.28.68.13.30

Ce tableau, premier de la série des mendiants musiciens - typique dans l'art Lorrain, a été saisi par les révolutionnaires en 1789 dans l'abbaye de Saint-Winoc à Bergues puis affecté au musée de la ville en 1838. Très endommagé au XIXe siècle par un nettoyage, il fut restauré en 1972. La découverte de matières d'origine encore intactes, les couleurs utilisées ... permirent de classer ce tableau dans la série des "Apôtres".



tableau 2
Le vielleur à la sacoche
157x94 cm - huile / toile

Musée Charles Friry
12, rue du Général Humbert
88200 Remiremont
Tel : 03.29.62.42.17

Appelé également le "Vielleur Waidmann", ce tableau est considéré comme une œuvre d'atelier précédant le "Vielleur" de Nantes. Charles Friry, grand collectionneur d'œuvres d'art, acquérira ce tableau en 1846. Il viendra compléter sa collection dans sa maison, laquelle est à présent le Musée municipal de Remiremont (en Lorraine). Il en existe cependant un autre exemplaire acquis par les Jésuites en 1880, redécouvert en 1934 et exposé depuis 1960 au Musée Historique de Nancy. D'après les spécialistes, il s'agirait d'une copie.



tableau 3
Le vielleur
162x105cm - huile / toile

Musée des Beaux-arts
10, rue Georges Clémenceau
44000 Nantes
Tel : 02.40.41.65.65

Il aura fallu attendre les années 1930 pour que, grâce aux travaux d'Hermann Voss, cette œuvre soit enfin attribuée à son véritable auteur, clôturant ainsi une longue liste dans laquelle figuraient des noms comme Velasquez le jeune, Zurbaran ou encore Mayno. Contrairement aux deux tableaux précédents, ce "Vielleur" est certainement une commande d'un membre de la bourgeoise lorraine ou flamande, très friande de ce genre de thème. Quant à la date de sa création, elle est estimée entre 1631 et 1636.

Enfin il est à noter que l'on retrouve ce même personnage dans la "Rixe de musiciens" qui est exposée à Malibu (Californie) au Paul Getty Museum (cf. extrait ci-dessous).


... et leur vielle.


Facture et caractéristiques de cette vielle :

- Facteur : inconnu
- Date : incertaine (deuxième moitié du XVIIe siècle)
- La caisse est plate, de forme ovale trilobée.
- Clavier vraisemblablement chromatique, avec environ 10 touches par rangée.
- 6 cordes : 3 chanterelles, 2 bourdons et 1 trompette.
- Longueur vibrante : environ 30 cm.
- Roue à section conique.
- Une à deux oues.
- Un cache-roue.
- Table vraisemblablement clouée à la caisse.
- Manivelle rectiligne à section carrée, en acier.
- Décoration sommaire :
        pour l'oue et sur le cordier (v. dessin).
        sur le dessus du clavier et pour l'oue (v. dessin).
- Trous dans la table et dans la caisse pour l'attache des bourdons, de la trompette et du ruban fixé au cache-roue.
- Deux colonnettes à section carrée.
- Tête de clés carrée aux côtés verticaux légèrement incurvés.

Dimensions (approximatives, d'après estimations) :

Longueur totale : 54 cm
Hauteur de caisse avec le clavier : 19 cm
Largeur de la table : 30 cm
Longueur de la table : 40 cm
Largeur du clavier : 9 cm
Longueur du clavier : 21 cm
Diamètre de la roue : 12 cm


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